



Il est huit heure trente, nous sommes le sept du mois de Mai. Dans la petite chambre d'un appartement du centre ville de PleasantVille un homme dort encore paisiblement. Il doit pourtant se rendre sur son lieu de travail pour neuf heure mais il a encore oublié de brancher son réveil, cela lui arrive un jour sur deux. Cet homme c'est mon père, Lionel Walter, chauffeur de Taxi, divorcé et presque aussi responsable et mature qu'un adolescent pré-pubère de 12 ans.
- Debout là dedans!!! Le soleil est levé! Il fait beau! Les oiseaux chantent! Et les éboueurs sont encore en grève! Chantonne-je en poussant le battant de la porte contre le mur adjacent pour qu'elle s'y fracasse bruyamment. En règle générale, c'est suffisant pour qu'il s'extirpe de son état de mollusque père-célibataire-de-famille-qui-n'avait-pas-envie-de-le-devenir.
-Grmpf... Marmonne-t-il en se frottant les yeux, Les éboueurs sont systématiquement en grève dans cette cité...
D'une lenteur à rendre jaloux une limace grabataire, il se redresse et fait craquer ses articulations.
- C'est quelle heure?
- L'heure de te lever mon papa adoré! T'as une toute petite trentaine de minutes pour avaler un truc et filer au dépôt!
- Rofl... Et c'est pour ça que tu malmènes cette pauvre porte?
- Allez! Lève-toi de ce lit avant que je me fâche!!!
Les bras croisés, je me poste devant l'ouverture de la pièce, histoire de bien lui signifier que je n'ai absolument pas l'intention de bouger le moindre muscle (à part peut-être mes cordes vocales) et cela jusqu'à ce qu'il se lève enfin.
- Quand j'étais gosses, c'était les parents qui donnaient les ordres aux gosses et pas le contraire... Gémit-il piteusement en repoussant sa chaude et moelleuse couette loin de son corps.
- C'est sans doute parce que ton père, à toi, ne rechignait pas à se lever le matin pour aller gagner de quoi nourrir sa nombreuse famille!
En réalité, ma famille n'est pas si étendue que ça. Mais avant de partir avec un avocat pour refaire sa vie, ma mère a prit soin de donner quatre enfants à mon père. Quatre enfants dont il doit maintenant s'occuper seul. Quand on sait qu'il a déjà du mal à s'occuper de lui même on peut, sans mal, imaginer son incompétence en la matière.
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